La calligraphie est considérée en Chine avec un immense respect, elle est le premier des arts avant la peinture et bien avant la sculpture ou la porcelaine, qui pour les lettrés relèvent plus de l'artisanat que de l'art. il est donc normal qu'un soin particulier ait été accordé à la réalisation des instruments de calligraphie.
Le matériel de calligraphie est composé de quatre éléments : le pinceau, l'encre , le papier et la pierre qui sert à préparer l'encre. Ces quatre instrument sont appellés : "Les quatres trésors du studio d'étude" c'est-à-dire qu'ils sont les instruments indispensables de tout homme de lettres.
Le papier le plus souvent utilisé en calligraphie est le "Xuanzhi " ou papier de riz, il est produit dans le sud de la Chine dans la province de l 'Anhui. Il est particulièrement recherché par les calligraphes en raison de sa texture douce et de ses capacités absorbantes.
L'encre est faite d'un mélange de résine et de suie auquel on donne la forme d'un batonnet. Un batonnet d'encre de qualité doit avoir un grain fin et une surface douce et lisse. Il est ferme et ne colle pas. L'encre offre de nombreuses nuances en termes de profondeur, de noirceur, de fluidité, etc...

La pierre à encre est faite d'une pierre à aiguiser sur laquelle est frotté le batonnet à encre. C'est un objet solide à la surface du quel les lettrés d'autrefois aimaient graver leur nom ou des poèmes. On apprécie surtout chez une pierre à encre le grain, la texture ou même le son qu'elle produit lorsque l'on y frotte en mouvement circulaire le batonnet d'encre. La pierre se divise en deux parties : une surface plate à la texture aussi fine que du papier de verre : la plaine, qui est utilisée pour broyer l'encre, et une partie creuse : l'océan, utilisée pour contenir l'encre qui est préparée en meulant le baton d'encre avec l'eau versée sur la pierre.. Cette texture est très importante car c'est grace à elle que l'encre est extraite.
Le pinceau est fait de poils doux, flexibles et absorbants "poils de chèvre" ou raides "poils de loup" (en fait des poils de belette ou de lièvre), liés et fixés à un manche en bambou. Les pinceaux durs, utilisés de fa?on presque exclusive sous les Ming et au début des Qing, sont plus difficiles à fabriquer, plus fragiles et donc plus co?teux. Mais leur maniement est plus aisé, du fait de la grande élasticité de la touffe. Un pinceau peut non seulement être manipulé de gauche à droite et de haut en bas mais aussi être soulevé et abaissé et produire ainsi des lignes d'une variété infinie d'épaisseurs.
On peut encore compter parmis ces instruments délicatement ouvragés, l'étagères à pinceaux, le repose-main, la bo?te à encre, le presse-livre, le sceau, le pot à eau ....
La calligraphie est supposée avoir être inventée il y a environ 3000 par l'empereur Canjie mais ce n'est qu'une légende qui montre bien l'attachement particulier des Chinois à cet art.
C'est le premier empereur de la Chine Qin Shi Huangdi qui fait de la calligraphie une priorité en demandant à son ministre Li Si d'harmoniser et de codifier l'écriture ( jusque là, un même mot pouvait avoir plusieurs graphies différentes). Il impose donc un modèle d'écriture standardisée, contribuant ainsi à l'unité de l'empire. L'ordre des traits est alors également codifié : le caractère doit s'écrire de haut en bas, de gauche à droite, les traits horizontaux venant avant les verticaux, les points et les diagonales étant réalisés en dernier.
Cet ordre est extrêmement important et nul ne saurait passer outre, même dans les formes les plus libres de la calligraphie.
C'est sous la dynastie des Han que la plupart des styles de calligraphie sont codifiés, chacun des styles étant destinés à un usage différent , par exemple le style du "Scribe" et le style "Régulier" sont employés pour documents officiels alors que les styles " Cursif" et " Semi-cursif" sont reservés aux documents privés ou aux jeux artistiques. Les arts de la calligraphie se développent d'autant plus qu'ils sont un critère d'avancement social, et doivent absolument être ma?trisé par toute personne désireuse de faire une carrière officielle.
La dynastie des Tang est considéré dans le domaine de la calligraphie comme un véritable "Age d'Or ", les calligraphes de cette époque tels que Yan Zhenqing ou Liu Gongquan, on effectue également alors des compilations des calligraphes du passé notemment de Wang Xizhi ( dynastie des Jin , 265-420 ) considéré comme le plus grand des calligraphes ayant existé.
Chaque dynastie voit ensuite se développer différents styles de calligraphie selon les go?ts de l'époque et l'inspiration des calligraphes.
|